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Paul Winance


       



Annexe III au dossier Winance

Je me souviens un peu de «Mon Oncle Paul». Quand j'habitais (Alain Barthélemy) à Watermael-Boitsfort, av. du Cor de Chasse, 99 (vers 1970, je suppose), il passait, pendant toute une période, tous les dimanches pratiquement chez nous avec son fils Jean Philippe qui avait un handicap mental. Jean-Philippe était normalement dans un home et Paul allait le chercher le week-end. Paul avait tendance à s'incruster et on ne savait plus quoi faire pour lui faire comprendre que nous avions autre chose à faire d'autant plus qu'il n'était pas désagréable. Il nous prenait en voiture pour aller faire des excursions à la campagne. J'appréhendais le dimanche car j'avais autre chose à faire qu'à rester avec lui. Quant à Maman, Jacqueline Lison, elle travaillait dur comme infirmière toute la semaine et préférait faire autre chose que préparer à manger pour son oncle (et son fils qu'il fallait tout le temps surveiller) et elle préférait rester chez elle plutôt que faire tout le temps des excursions à la campagne. Elle a parlé un jour de ses problèmes à notre propriétaire, Madame Caron, qui habitait au rez-de-chaussée. Celle-ci avait l'habitude de s'asseoir devant la porte d'entrée de la maison lorsqu'il faisait beau. Un dimanche, elle a vu arriver notre Oncle Paul. La porte d'entrée était ouverte et il était sur le point, comme c'était son habitude, d'entrer sans même s'annoncer lorsque Madame Caron s'est interposée et lui a déclaré que nous n'étions pas à la maison. Paul Winance est reparti et nous ne l'avons plus jamais revu. Maman en a été très reconnaissante à Madame Caron car elle ne savait pas comment faire pour faire comprendre à celui qui était quand même son oncle que nous désirions parfois être seul un dimanche.

Paul Winance, d'après Maman encore, avait cette fâcheuse habitude de s'incruster partout où il allait. Il venait chez les gens à l'heure du repas, s'installait à leur table jusqu'au moment où on ne pouvait pas faire autrement que de lui dresser un couvert. Il est possible que Paul Winance ne se rendait pas vraiment compte de cela car c'était, il est vrai, une personne agréable sauf qu'il ne savait pas quand était venu le moment de se retirer. Paul Winance n'était pas beau mais il était convaincu que toutes les dames l'admiraient. Tante Blanche (Blanche Laurent) rigolait de le voir ainsi car aucune de ces dames ne faisaient vraiment attention à lui.

Paul Winance était le «Grand Chéri» de sa mère, Flora Laurent (Jacques Lison était le «Petit Chéri»). Il pouvait, apparemment tout obtenir d'elle. Victor, le frère de Paul, qui n'avait pas la même dévotion de sa mère, en a peut-être souffert. Raoul Winance, le père de Paul, a un jour raconté à Maman que sa femme, Flora, puisait souvent de l'argent dans le patrimoine familial sans qu'il ne sut jamais ce qu'elle en fit car elle ne dépensait jamais rien pour elle. Raoul a encore raconté à ma mère, Jacqueline Lison, qu'un jour il était revenu du bureau avec des obligations pour les étudier et noter leurs numéros. Il les avait cachées dans la garde-robe mais les avait malheureusement oubliées le lendemain. A son retour, le soir, elles avaient disparues et il n'a jamais su ce qu'elles étaient devenues. Selon Maman, Flora devait donner cet argent à son fils Paul, probablement pour réparer ses bêtises car Paul, toujours selon Maman, aimait jouer au grand seigneur et il se croyait la coqueluche de tout le monde. On ne saura jamais plus.

D'après Maman, encore, Paul Winance aurait fait partie des gardes du corps de Léon Degrelle, chef du parti rexiste. Je n'ai pas plus de renseignements sauf qu'il aurait quitté bien avant le début de la guerre 40-45.

A la guerre 40-45, Paul Winance a été fait prisonnier à peu près en même temps que son frère Victor et ils ont tous les deux été libérés fin janvier 1941. Pendant leur captivité, les deux frères, qui étaient dans des camps différents, correspondaient et c'est Paul qui aurait eu l'idée de se faire passer pour flamand en flamandisant quelque peu leur nom afin d'être libérés plus tôt, ce qui a réussi. Pendant la guerre, Maman m'a dit que, pendant la guerre, Paul a dû aller se perdre quelque part en France pour éviter le travail obligatoire en Allemagne. Ce qu'il a fait en France est un mystère. Nous avons encore une photo de lui en costume militaire et avec un casque (en 1940?).

Après la guerre, Paul Winance est parti au Congo. Ce qu'il y a fait est un mystère. Dans un premier temps, il a travaillé, selon Maman, pour la Banque du Congo, filiale de la Société Générale mais cela n'aurait pas durer. Il se serait alors lancé dans des tas de projets qui n'ont, apparemment abouti à rien. Vers 1947, il se serait arrêté à Jadotville où il serait descendu dans un hôtel appelé «Le Petit Belge» tenu par une famille. Là, la famille lui a dit qu'il y avait un autre Winance qui habitait la ville. Il s'agissait d'Ivan Winance, petit-fils de Louis François et de Félicie Dejehansart qui travaillait alors, comme secrétaire général, à la SOGEFOR, filiale de l'UNION MINIERE. Ivan Winance est allé le chercher à l'hôtel et l'a invité à manger chez lui. Ce qu'Ivan a retenu de lui est que c'était un homme en dehors des conventions, aux cheveux roux et qui devait faire le métier de voyageur de commerce ainsi qu'un peu de journalisme. Il y a encore une fois beaucoup de flou autour du personnage. Selon Ivan Winance, encore, Paul devait avoir quelques ennuis avec la justice pour des «notes impayées». Il tirait quelque peu le diable par la queue. Ivan Winance ne l'a plus revu par la suite.

Le 14 août 1955, Paul épouse à Kisenye, Ruanda, Irène Boeteman, 20 ans, métisse, fille naturelle de Mukambeja et de père inconnu. La mère, Mukambeja est âgée de 41 ans. Il reviendra avec elle en Belgique et il en aura un fils, Jean-Philippe (voir plus haut). On a les photos de mariage et on voit Irène en photo à la communion de Martine Winance (±1957). D'après Laurent Slagmuylder, l'époux de Françoise Winance, Irène avait un certain penchant pour la boisson. Les relations de couple étaient plutôt tumultueuses. Je n'en sais rien de plus. Irène a quitté Paul en lui laissant leur fils.

Je ne sais rien de plus sur Paul sauf qu'il aurait travaillé, dans les années soixante, dans les Wagons-lits comme serveur de restaurant dans les trains internationaux.

Comme photo, nous en avons encore une qui a dû être prise en ± 1926. Paul a alors ± 14 ans. La photo est prise devant ce qui semble être une épicerie (laquelle?). On y trouve encore sa mère, Flora, sa soeur, Mathilde et son père Raoul ainsi qu'une inconnue à l'intérieur du magasin. On trouve encore Paul Winance au baptême de sa nièce, Martine Winance en 1945. Il est à gauche de la photo avec, dans ses bras Elisabeth («Lisbeth») Maresco, fille de Claudine Delhalle et de Marcel. On trouve ensuite, de gauche à droite, Françoise Winance, Jacqueline Lison avec sa filleule Martine dans les bras et Jacques Sereghetti, parrain de Martine. Derrière: Claudine Delhalle.

La photo ci-dessous a été prise à la mer vers 1957-1958.

Paul Winance





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