Scènes de la vie quotidienne à Herve II
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Monstrances produictes de la part de Jacques Jaminet nre mayeur de Herve en cas d'office pour s'en servir en cas de besoin le 12e jour du mois de novembre en l'an 1580.

Johan de Haeck, brasseur et bourgoy de Herve ... dépose ... que mercredi dernier IXe jour du mois présent, il ouyt estant en sa maison, ql y avoit en l'hestenne de sadite maison aucuns quy avoient querelle l'ung contre l'autre et, entrant, il trouva ilec Pieron Ghéart de Rechen, Symon de Verviers, son frère et Johan le Cockeau aussy son frère, lesquels auroient querelle contre Bastian Bertrand de Stockyt, souraige audit déposant, et veyt q Symon de Vervier et Johan le Cockeau, son frère, auroient chacun ung coutteau tiré faisant effort et m... de vouloir vuider ledit Bastian, tellement ql veyt q ledit Bastian estoit blecé ens une main mais ne scait quy luy avoit fait.

Herman du Bois... dépose ... qu'il estoit en la maison de Johan de Haeck, brasseur à Herve, son beau-frère, où qu'estant il ouyt ql y avoit quelque querelle en l'hesteuue (ou hestenne?, voir aussi esteuf) de ladite maison et y entrant ledit déposant, il trouva ilec ql y avoit plusieurs quy gisoient à terre, scavoir veyt Pieron Gheart de Rechen, Symon de Vervier, son frère et Johan le Cockeau aussy son frère, lesquels gisoient sur Bastien Bertrand de Stocky, beau-frère audit déposant et veyt que Symon de Vervier susdit avoit ung cousteau tiré et faisoit effort d'envider (?) ledit Bastian et comme ledit déposant leurs disoit qls soy eussent à deporter de quereller et ql estoit feste franche, aucuns respondirent ql n'estoit point feste pour eulx.

Dépose aussi Gielette espouse à Johan de Haeck qui dépose qu'elle était dans "la cuysine de sa maison" lorsqu'elle entendit la «querelle et bruyt en l'hestenne». Elle déclare, comme son mari, «ql estoit feste franche» et Johan Cockeau répond qu'il «n'en avoit cure des franchises».

Dépose également Berthollet Bissot de Rechen, également présent pendant la bagarre. Il tenta de séparer Johan le Cockeau, son frère, de Bastian de Stocky. Tout les bagarreurs avaient tiré leurs couteaux.

Témoigne encore Olivier Symon de Rechen dit de Haeck, frère également de Johan de Cockeau de Vervier.

Cette monstrance est intéressante car elle décrit une bagarre comme il devait en avoir de nombreuses dans la région (sans exagérer néanmoins). Tous les habitants de Herve et des environs ont des couteaux et des «rapières» et on les sort facilement.
On apprend également que la franchise de Herve avait sa fête ou une fête le 9 novembre. Johan de Cockeau qui n'est pas bourgeois de la franchise dit très bien qu'il n'en avait cure.
Finalement, cette monstrance nous réuni toute la famille du Berthollet Bissot de 1580. Les Bissot vont dominer la vie politique de Petit Rechain pendant 2 siècles.


Un vol de chevaux

Une «monstrance» du 6 mai 1583 nous donnent plusieurs informations.

La première concerne le calendrier. Le greffier écrivit «.. le 6e jour du mois de may en l'an 1583 suyvant la réformation du calendrier nouveau». Le calendrier grégorien vient d'être appliqué. Pour rattraper le retard de 10 jours de l'ancien calendrier dit julien, le pape Grégoire XIII ordonna que le jeudi 4 octobre 1582 fut immédiatement suivi du vendredi 15 octobre.

On apprend que Peter Wyscher (Visser?) d'Elemdorp s'est fait volé cinq chevaux. ceux-ci ont été «arrêtés» par Johan Moreau de Melen, mayeur de Soumagne les Moysnes qui les détient encore et Peter Wyscher fait appel à plusieurs témoins pour prouver que ces chevaux sont bien à lui. On apprend ainsi qu'il possédait deux attelages de cinq chevaux avec lesquels il transportait des marchandises entre Liège, Cologne et la «Haulte Alemaigne».

On peut encore lire que Peter Wyscher allait loger, à Herve, chez Eve, relicte de feu le Gros Servais, hostesse du logis de l'«Homme Saulvaige». On apprend ainsi le nom d'une auberge de Herve. Y en avait-il d'autres?

Eloye Parmentier témoigne également bien reconnaître les chevaux qui appartenaient à Peter Wyscher et pour la bonne raison qu'il les a souvent vus, étant le «péagier» du péage de Herve et Henry-Chapelle.

Finalement, on apprend encore qu'il y eu un drame le dimanche premier mai. Wylhelmine Merckelbach était à la noce du fils de Bastien Moreau avec son mari Johan Henry du Trou de Herve le long de la route de Liège et, après «avoir fait bonne chère», ils voulurent se retirer sur des terres près de la maison. Un «charton» passa alors avec un chariot qui contenait deux tonneaux. La mari courut avec un certain Franck Mathy demander au «charton» s'il voulait bien le laisser monter sur le chariot. Ce dernier prend apparemment peur et fouette les chevaux pour leur faire accélérer le pas. Wilhelmine voit son mari Johan tomber du côté droit du chariot et les deux roues passent sur son corps. Johan Henry du Trou meurt sur le coup.
Le chariot est de toute évidence celui qui a été dérobé à Peter Wyscher et le voleur a paniqué lorsqu'il a vu des gens courir après lui. Ceux-ci, qui devaient être quelque peu émêchés, ne voulaient apparemment que monter sur le chariot pour s'amuser.

On apprend encore ainsi que Peter Wyscher transportait des tonneaux. Allait-il chercher du vin allemand?


Bagarre devant la taverne de Jacquemin Belhomme.

Monstrance (JUH109) produicte de la pt Johan le Rosseau de Herve, acteur d'une, contre Jacquemin Beaulhomme de Herve d'autre part, ce 16e de décembre 1584.

Jehan fils Jaecq Bald: dépose ... q cidevant passé deux mois ou environ, ledict déposant estoit devant la maison Jacq& Beaulhomme illecq pour s'assembler pour monter à garde suyvant l'orde q on avoit pour ce faire, de sorte q estant illecq ledict déposant veyt q Jacq& Beaulhomme revient auprès d'eux venant comme on disoit de la maison Giel le Gryff, lequel estant arrivé bien peu après, vient aussy Jehan le Rosseau de sorte q après quelques parolles entre ledict Jacq& et ledict Jehan, Jehan le Rosseau férit de son harquebouse Jacq& Beaulhomme, quoy fait ledict déposant veyt que Géra Pirot vient p derier et frappit de son harquebouse ledit Jehan le Rosseau de sorte q tombit p terre et semble audit déposant q à son meilleur sens q estant ledit Jehan tombé p terre q Jacq& Beaulhomme frappit de son harquebouse ledict Jehan le Rosseau.

Tout un groupe d'homme on reçu l'ordre de «monter la garde» devant la taverne de Jacquemin Belhomme. On ne saura malheureusement jamais pourquoi.


4 décembre 1586: Elisabeth 1e d'Angleterre confirme la peine de mort prononcée contre Marie Stuart.


Le 8 juin 1595 comparaissent devant la Cour de Justice de Herve (Monstrances) plusieurs témoins qui témoignent au sujet d'une querelle de paroles entre dames. Maroye veuve de Fingoed aurait été traitée par Maroye fille de Jehan Barthélemy de «maquerelle» parce qu'elle aurait insinué que Clamence fille de Denis Ligoy aurait plusieurs amoureux. Il est vrai que le père de celle-ci est brasseur et cela peut faire tourner les mauvaises langues. Pour plus de détail: voir les monstrances.

Sont aussi impliqués: Willem le Vecq, Mathonet Bennick, Jehenne épouse de Lina le Ghenaer, Marie épouse de Lambert Bietmé, Elyd épouse de Jehan Megre.


Avril 1601, monstrances, documents non classés A.E.Lg: on parle de Jehan Fraikin qui est décédé sans héritier vers 1544 et à laissé une rente pour assurer un office religieux tous les ans au jour de la présentation de la Vierge Marie. Plusieurs mambours seront chargés de gérer cette rente (mambours): son neveu Jacquemin Fraikin puis le fils de ce dernier puis son neveu Jacquemin Fluchar. Les offices vont être tenus pendant presque 60 ans et étaient suivis par un dîner auquel participèrent les amis de Johan Fraikin. Les pauvres recevront des miches de pain à titre d'aumone.
Il était de coutume d'investir une certaine somme d'argent ou une rente pour assurer annuellement un service religieux ou une autre fête à une date anniversaire. M. Serge De Craemer a retranscrit le registre d'anniversaires de Clermont-sur-Berwinne.
Dans le registre 3 du Ban de Herve (A.E.Lg) on peut lire un acte daté du 17 mai 1408 où Godefroid, échevin de Limbourg donne une rente à Jaminet échevin du ban de Herve, mambour de l'autel sainte Croix de la chapelle saint George de Limbourg pour que celle-ci chante ou célèbre annuellement une messe pour lui-même et son épouse Griet