CJ Herve, Monstrances, régistre 67, folio 22: la justice exercée par le mayeur et les échevins n'était pas gratuite. Dans la marge de gauche des monstrances de ce folio on peut lire:
Doivent à Justiche chequun pty LIII ai?
Doit David acteur XV ?
Henry le Hesbuignon doit à clercque (André Mathieu probablement) XV a?
Le dit Henry at payé, pelhement at payé le dit David tant alle Justice comme à clercque.
Le clerc de la franchise de Herve est à cette époque André Mathieu Hazeur. La lecture de son écriture est un véritable cauchemar et on est soulagé lorsque'il quitte la fonction de clerc pour exercer celle d'échevin.
Johan Gelman apprend le métier de corbesier à son beau-fils Renar.
Le 21 janvier 1555 (CJ Herve, reg69, folio 12) on peut encore lire en bas des monstrances:
Fort porties aux jour susdit mesme:
y at VI monstranches q montent alle justiche
XVI au\? à clercque XVIIII groye por le terche
jour al justiche XV au\? à clercque ...
à fostier
à plir
La Cour de Justice est donc rémunérée ainsu que le clerc (ici encore probablement André Mathieu de Hazeur) et le forestier qui délivre les convocations et le parlier.
Bagarre entre Collar et Massin Lustié avec des «dacks». Gregor et on relève les témoignages pour découvrir les responsabilités mais c'est difficile car personne n'a rien vu.
Monstrances intéressante à consulter. Une mère bat son enfant et un passant s'en offusque et tire la mère par les cheveux. Celle-ci porte plainte car sa chevelure en a apparemment pris un coup.
La mère: Anne femme de Servais Johan Mathy.
Le passant: Guillaume D'Asse.
CJ Herve, reg 68, folio 60, 19 janvier 1552: au cours des accords de partage des enfants de Mathonet, celui-ci se voit accorder une «rente» annuelle dont une partie est sous forme de «fromaiges» et de «bières». Ce sont donc deux denrées qui sont utilisées dans l'équivalent de troc. On rencontre parfois la mention de paiements effectués sous forme de fromage. Sous forme de bière moins souvent mais les brasseurs ne manquaient pas à Herve.
CJ Herve, monstrances, registre 69, folio 23 et 23/v: bagarre qui implique Corneille Noel Mangon, Johan delle Hees beau-frère de Johan Mauhin et Gilles fils Johan Bonbaie de Josse
5 décembre 1556: il y a un contentieux entre Henry le Cuvelier et plusieurs parents de feu Johan Collar: ce dernier fut atteint de la «peste» et Henry le Cuvelier s'occupa de lui. La sécurité sociale n'existait pas à cette époque et on devait compter sur sa famille ou des amis pour être soigné. Cela n'était pas toujours gratuit car tout service se payait même entre amis et cela pouvait entraîner quelque conflit porté devant la Cour de Justice. Voir les monstrances.
Un autre cas de «peste» est cité: celui de la femme de Massin fils de Ghenaer. Dans les monstrances de la CJ Herve (9 janvier 1557) dont je cite les extraits et témoignages suivants, on apprend que Herve possède un hôpital dont Dreis Olivier est le mambour à cette époque. L'organisation de l'hôpital est particulière. Pour les visites on ne peut apparemment pas pénétrer dans les chambres ou salles (pour éviter la contagion?). Le personnel «para-médical» semble absent, le patient doit aller ou se traîner jusqu'à la porte de l'hôpital ou de la salle pour parler au visiteur. On comprends aussi que des personnes sont «payées» pour assister les malades et leur apporter le nécessaire. Massin porte apparemment plainte contre Petit Symon qui n'aurait apparemment pas fait son boulot.
Témoin: Lyenard fil du feu le Ghenaer ... dist q ung jour passé estoit au lieu de Rechen où q Massin son frère fist traicty avecq le Petit Symon à savoir que Symon susdit debvoit assister et ayedir l'espouse de Massin susdit en la maladie de la peste de laquelle estoit chargée et gisoit à l'hospital.
Témoin: Gérard de Boullet ... dist que au temps q la femme de Massin estoit pressée et détenue de la maladie de la peste ql ledit tx oya ung jour ledit Massin huchoit sadite femme estant ainsi et gisant à l'hospital ... et ql n'y avoit personne q luy respondist dont après beaucoup huchy elle vient et soy hierga (s'appuya?) à l'uyst et disoit qlle ne povoit touchir son feu et qlle avoit esté tombée defallie et q Symon l'avoit délaissée il y avoit bien VIII jours ou environ et ql ledit tx veit par plusieurs fois q Massin portoit à sadite femme de feu hochez (?) à boire et à manger et le mectoit devant l'huyst de l'hospital. Cette «peste» a frappé, selon toute vraisemblance, Herve en décembre 1566 - janvier 1567. Qu'appelle-t-on peste?
Un autre témoignage de cette «peste»: 9 janvier 1557 (monstrances CJ Herve, rég.69).
Monstrances faites à l'instance de Eloye le Parmentier si que mambour à sa mère all. de Gertrud vefve du feu Johan Donnet
Témoin: Olivier de Haeck dist ... q ung jour passé a esté avecq ses beau-frères à lieu de
Limbourg affin d'avoir ung conseil de messrs les eschevins dudit Limbourg touchant le sallaire q Johan
Gérard sondit beau-frère prétendoit avoir à raison des assistances et services q pouvoit avoir fait à
feu Se Jaspar son frère estant pressé et détenu de la pestilence.
... en oultre dist ledit tx (Olivier) q luy estant en la maison du curé de Herve où ql veyt q Pira
son beau-frère et la femme Johan Gérard raportèrent les baches et vestimens de feu Se
Jaspar et que Pira disoit ql les avoit esté re()grir sur le planchy du feu Johan Donnet
à cause que la veuve du feu Johan Donnet ne les osoyt attoucher.
Monstrances 20-12-1559: un témoin parle «du temps q lon morut dernièrement de la peste à Herve ...».
Monstrances CJ Herve, reg.70, folio 88v 13-11-1561: mention de «la peste qui regnit dernièrement».
16 novembre 1566:
Charlot fils de Johan le Tixhon fait un esclandre dans la rue pour des raisons
difficiles à cerner car on ne dispose pas de l'instruction du procès.
Cela se passe du côté de PotiersRue ou du Coer de Herve.
Sont cités certains descendants d'Olivier le Grand Olivier.
Monstrance de la Cour de Justice de la franchise de Herve: 16 mai 1560.
A un moment non précisé par la monstrance, cinq jeunes gens reviennent de Stockis vers Battice. Olivier, fils de feu le Grand Olivier et Hubert fils de Johan delle Huys se battent avec Bastien, fils de feu maître François Robert. Henry, Henry fils de Mathy Coutconseil et Mathy fils de Thomas Henroteau sont devant. Olivier et Hubert les rattrapent et leur demande de les aider «amender» Bastien. Henry refuse car il ne veut pas se battre. Hubert s'emporte, tire sa «rapière» et veut frapper Henry mais le rate et blesse Mathy au genou. C'est de toute apparence un accident. Les jeunes gens doivent avoir bien arrosé le soirée et, comme tout le monde porte une arme à cette époque, un malheur est vite arrivé.
Mathy se retrouve gisant au lit chez son père et on fait appeler Maître Denis chirurgien alors à Herve. Il soigne Mathy mais celui-ci se remet apparemment mal de sa blessure. On fait alors appel à un «maître» de Liège appelé Guerl. Celui-ci donne son tarif: 60 écus d'or. On discute et les honoraires sont ramenés à 45 carolus et du fromage pour une valeur de un daler. Les tractations se passent sur le marché de Herve. On voit que le fromage était déjà un produit estimé à Herve à cette époque.
Il n'y a pas de sécurité sociale à cette époque et les couts des soins sont totalement à charge du patient. Olivier a d'abord regretté son geste et promis de payer les frais du médecin mais il semble se rétracter et il y a un procès entre Mathy fils de Thomas Henroteau et Hubert fils d'Olivier delle Huys.
On remarque, à cette époque que les épouses des médecins aident leur mari et pratiquent aussi des soins. Le jour que Mathy fut blessé, il va d'abord chez la veuve de Maître Colar, jadis chirurgien de Herve, pour se faire soigner. La blessure est apparemment trop grave pour qu'elle puisse la soigner correctement et il s'adresse ensuite à des chirurgiens.
14 mars 1561: monstrances CJ Herve, reg70, folio 61/v: Aglys aurait trompé son époux Piet des Weades.
En 1564, si on lit certaines monstrances, il y avait des «assieurs de keu beverage» assermentés dont le rôle était de fixer le prix de vente d'une bière nouvellement brassée après l'avoir goûtée et testée. La bière était ainsi «assise». Voir monstrances
Au sujet des «assieurs» de «keu beverage», d'autres monstrances sont intéressantes à consulter. Il est difficile de comprendre la raison du procès qui sous-tend les témoignages rendus mais des assieurs, anciens ou nouveaux, sont interrogés ainsi que des brasseurs.
17 novembre 1571: petit incident à la taverne de Mathieu Barthélemy: Johan de Haeck blesse le bras d'Olivier Pietre. Les deux amis étaient probablement souls et Johan de Haeck, probablement par accident, tord et blesse le bras d'Olivier Pietre. Cela entraîne toute une série de procès devant la CJ de Herve car, je suppose, Olivier voudrait se faire rembourser les frais médicaux. Le fait est qu'Olivier s'est peut-être blessé le bras en tombant tellement il était soul. Qui dit vrai? Cliquez ici.
Une «monstrance» du 10 mai 1572 est intéressante à consulter car elle indique que les brasseurs ou taverniers ne pouvaient plus servir de la bière à boire après une certaine heure du soir (8 ou 9h). On parle ici de Guillaume III Fraikin auquel on reprocherait apparemment de ne pas avoir respecter cette obligation. On ne dit malheureusement pas pourquoi on a imposé cette heure de fermeture. Est-ce pour limiter les incidents liés à l'ivresse ou est-ce un couvre-feu lié au climat de guerre qui sévit. J'ai noté que le mot «cervoise» a été utilisé pour signifier bière. C'est la seule fois que je l'ai vu. Est-ce une tournure poétique utilisée par le greffier?
On constate également que Guillaume III Fraikin n'a pas d'horloge et qu'il doit envoyer quelqu'un chez Heyn Mercier pour savoir l'heure bien que celle-ci doit être sonnée par les cloches de la ville. On note également qu'il fit très froid pendant l'hiver 1572-1573 et que les clients de Guillaume Fraikin préférèrent rester dormir dans la taverne plutôt qu'aller sur la route pendant la nuit. Cliquer ici pour voir la monstrance.
L'action se passe au mois de «Saint-Gilles». Mathy est en conversation avec Marye, fille de feu Antoine Massin dans une maison dite «du voye de boubaye» située au Tiège lorsqu'une certaine Ailid fille de feu Johan Lambert passe la tête par la fenêtre et veux se mêler de la conversation. Mathy s'énerve et commence à traiter Ailid de tous les noms dont «ribaude, tu es une ribaude approuvée et ta soeur quy siet ? au bourdeau à Liège» et d'autres parolles pas faciles à comprendre. Le mot «bourdeau» n'est lui pas trop difficile à comprendre. Sont témoins pour cette monstrance: Jehenne, fille de Johan Jardon, Maroye, épouse de Polis fils Polis du Coer de Herve et fille de feu Antoine Massin et Maroye, épouse d'Henry Loiseau.
Un petit texte situé à la page 110 du registre n° 72 des Monstrances et Jugements de la CJ de Herve est intéressant à consulter. On peut y lire:
Johan Ernot de Herve dépose qu'il fut cydevant présent en Anvers quant la reyne d'Espagne debvoit tirer vers Espagne où que ayant beu avec David en ladite ville d'Anvers, ledit David, estant yvre, demandit audit déposant s'il voulloit aller voir les filles, dont ledit déposant demandit dudit David où et s'il scavoit bien où elles demeuroient, lequel répondit qu'il scavoit bien où elles demeuroient.
Anvers n'a apparemment pas changée ni les conséquences ...
Maître Piere du Vivier, chirurgien, dépose avoir cydevant, à scavoir l'hesté dernier ou environ, curé et médié David de Herve ung apous.. (?) estant ens aysne et une pustulle ulcéreuse sur la verge des vergongnes
Dans les années 1560-1570, le protestantisme a commencé à se répandre. L'Eglise officielle réagit et le comportement des personnes commence à être surveillé. Dans une "monstrance" de la CJ Herve datée du 17 juin 1568, divers témoignages sont enregistrés au sujet d'un certain Johan le Menestreit. Il aurait eu des paroles et un comportement irrespectueux vis-à-vis de l'église officielle. Rien de grave au premier abord mais plutôt des moqueries au sujet d'une liturgie à laquelle certains commençaient apparemment à ne plus croire. Les témoignages de la monstrance dénotent un certain état d'esprit ou un certain climat. Plusieurs personnes devaient avoir un jugement critique vis-à-vis du culte officiel sans pour autant passer dans l'autre camp.
Les commentaires sont inutiles. Voir monstrance du 9 mars 1572
Avril-mai 1574: dans un portefeullie non classé des A.E.Lg on peut lire des actes de «visitations» des échevins de la franchise de Herve. Les échevins constatent des dégats aux maisons et des blessures. Mre Pierre des Viviers, chirurgien, semble jouer le rôle de médecin légiste. On ne cite malheureusement pas les responsables des dégats et des blessures. Ces actes servaient probablement comme pièces à charge ou à décharge dans un dossier d'instruction.
25 janvier 1579: les Orangistes signent l'Union d'Utrecht marquant ainsi la naissance de Provinces Unies qui deviendront plus tard les Pays-Bas