Pierre I Joseph Barthélemy


   



Pierre (I) Joseph Barthélemy

° 10/5/1810 Stockis (Grand-Rechain)
† 25/11/1878 Petit-Rechain

Fils de Jean I Barthélemy et de Marie-Jeanne Rensonnet

Epousa Anne-Josèphe Grosjean.

Acte de naissance:

L'an mil huit cent dix le dix du mois de mai à six heures du soir par- devant nous maire officier de l'état civil de la commune de Grand Rechain canton de Verviers département de l'Ourte, est comparu Jean Joseph Bartholemi âgé de vingt huit ans cultivateur de profession domicilié à Stokis hameau dépendant de cette commune lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin né aujourd'hui à trois heures de relevée de lui déclarant de Marie Jeanne Rensonnet son épouse et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Pierre Joseph; les dites déclaration & présentation faites en présence de drisse (?) Lauvenier âgé de quarante ans couvreur empailler de profession et d'Antoine Debouche âgé de cinquante trois ans cultivateur de profession tous deux domiciliés à Grand Rechain le père et le premier témoin ont dit ne savoir écrire et a signé avec nous Antoine Debouche le présent acte de naissance après leur en avoir fait lecture.

Pierre Joseph vécut à Petit-Rechain avec son père, Jean (I), et sera, dans les années 1830, tailleur de pierre comme son père.

Le 22 juin 1836, Pierre I Joseph épousa Anne Josèphe Grosjean, demeurant à Petit-Rechain, née à Olne le 15 avril 1810, fille de Mathieu Paschal Grosjean, décédé le 25 juillet 1831 à Olne, cultivateur de son vivant, et de Marie Josèphe Monfort, âgée de 66 ans, domiciliée à Petit-Rechain.

Témoins:

  1. Simon Leclerc, 62 ans, brasseur
  2. Bertrand Joseph Leclerc, 28 ans, brasseur
  3. Mathieu Henrotay, 36 ans, pusseur (?)
  4. Paschal Joseph Louis, 33 ans, briquetier, beau-frère de Pierre
  5. Joseph (I)

Marie Josèphe Monfort

°±1770
†17/2/1853 Petit-Rechain

Anne Joseph Grosjean

°15/4/1810 Olne
†24/3/1895 Petit-Rechain

Un certain Mathieu Paschal Joseph possédait de la propriété en 1831 et déclarait un revenu imposable de 595 florins 98 cents (est-ce le père de Anne Joseph?).

Bertrand Leclerc sera un futur bourgmestre qui remplacera Pierre Joseph (I) à cette fonction en 1861 (avec quelques frictions apparemment).

Enfants de Pierre-Joseph (1) et d'Anne-Joseph Grosjean:

  1. Sydonie-Josephine
  2. ° 10/2/1847 Petit Rechain
    † 11/1/1923 Verviers

  3. Pierre-Joseph (II)
  4. (Jean)-Henry
  5. Armand I Joseph Barthélemy
  6. °24 février 1852 Petit-Rechain
    †2 octobre 1916 Petit Rechain

On peut suivre l'évolution de la carrière professionnelle de Pierre Joseph (I) dans les professions dont il est qualifié dans les actes d'état civil:

En consultant les livres des dépenses et des recettes de la commune de Petit-Rechain, on constate que Pierre (I) fournira la commune en biens et en services de 1838 à 1849. Pierre (I) fournit des pierres et de la chaux dans un premier temps. En 1841, il est chargé de la construction du logement du percepteur de la barrière sur l'ancienne chaussée. Il s'agit probablement du tout début des activités d'entrepreneur de Pierre (I). Par la suite, il sera chargé de l'entretien de certaines routes de Petit Rechain.

En consultant les archives concernant les travaux de voirie dans les communes de la province de Liège, nous avons le grand plaisir de tomber sur deux lettres manuscrites de Pierre (I) Joseph. La première date du 15 janvier 1848 et est adressée au gouverneur de la province de Liège. Pierre (I) Joseph se plaint de ne pas avoir obtenu l'adjudication des travaux de rénovation de la route de Dison à Chaineux alors qu'il avait donné la meilleure offre. Les rapports avec la commune de Dison ne sont peut-être pas excellents. En 1847, il avait déjà obtenu l'adjudication pour la rénovation de la route de Dison à Andrimont et il a dû payer une amende pour retard dans les travaux. En outre, il n'avait pas utilisé une bonne qualité de pierre pour le pavage des routes et il a dû remplacer celles-ci. Pierre (I) Joseph proteste encore pour l'amende dans une autre lettre adressée au Commissaire-voyer le 20/6/1849.

L'aspect intéressant de la lettre du 15/1/1848 est que Pierre (I) Joseph explique qu'il a "... à quinze minutes de distance de la route à construire une belle et bonne carrière chaux- sable et briques, le tous dans mes propriété...". J'ai laissé les fautes d'orthographe à dessein. Pierre (I) Joseph ajoute encore, pour notre bonheur, son curriculum vitae de 1842 à 1848. Sa première réalisation semble bien être le bureau du percepteur de la barrière à Petit-Rechain. Ensuite, il construit des maisons, un presbytère à Julemont en 1843, des travaux à Dison pour la société d'éclairage au gaz en 1844, ensuite d'autres maisons à Montzen, Petit-Rechain et même Aix-la-Chapelle. Il parle également de la rénovation de la route de Dison à Andrimont en 1846-1847.

Le 19/3/1842, comparaissent devant le notaire J.H.E. Baar de Dison:

  1. Mme Marie Joseph Montfort, propriétaire, veuve de Mathieu Paschal Joseph Grosjean
  2. M. Henri Joseph Grosjean
  3. Mme Anne Joseph Barthélemy, ménagère, assistée et autorisée de son époux Pierre Joseph Barthélemy, propriétaire.

Lesquels ont, par ces présentes, constitué pour leur mandataire général et spécial M. Pierre Joseph Barthélemy susdit. A l'effet de régir, gérer et administrer tant activement que passivement tant les biens mobiliers et immobiliers qui leur appartiennent en commun due ce dont ils pourraient par la suite devenir propriétaires à quelque titre que ce fut.......

Pierre (I) Joseph devient ainsi le gestionnaire des biens hérités de Mathieu Paschal Grosjean. Henri Joseph Grosjean est curé (desservant de la succursale de Petit- Rechain) (frère d'Anne Joseph). Dans le livre des recettes et des dépenses de Petit-Rechain, on retrouve un certain vicaire H.J. Grosjean qui reçoit des indemnités de la commune jusqu'en 1835.

Pierre (I) Joseph agit tout de suite. Le 1/4/1842 est signé, devant le même notaire, l'acte de vente de deux prairies contiguës situées au lieu dit Sèche haye, commune d'Olne. Pierre (I) Joseph agit au nom des héritiers Grosjean.

Acquéreur: Henri Borguet, entrepreneur de travaux publics.
Taille: 1 ha 39 are 50 ca
Prix: 8.100 frs.

Le 19/11/1842, toujours devant le même notaire, est signé un bail à ferme cédé par Pierre Joseph Barthélemy, propriétaire, à M. Hubert Mordant, cultivateur, domicilié à Andrimont. Cela concerne une ferme consistant en un bâtiment, six prairies et un jardin potager à Petit-Rechain. Taille: ± 6 ha. Situation: Chemin des Morts. La propriété est attenante aux propriétés de Pierre Denis Neuville et Paschal Joseph Louis, beau-frère de Pierre I Joseph.

Pierre (I) Joseph semble être occupé à se constituer un capital pour investir dans son entreprise.

Le 21 novembre 1846, un acte du notaire J.H.E. Baar fait mention d'une vente de mobilier à la requête de la veuve Grosjean. Comparaissent devant le notaire Marie Joseph Montfort, propriétaire, et Pierre Joseph Barthélemy, propriétaire, en qualité d'époux d'Anne Joseph Grosjean, héritiers de M. Henri Joseph Grosjean, curé, domicilié à Petit-Rechain.

Tout le mobilier, et on précise qu'il ne contient aucun objet en or ou en argent, est vendu au presbytère de Petit-Rechain. Le total de la vente rapporte 436 frs.

Au recensement de 1847, Marie Montfort vit avec sa fille et son beau-fils. Elle décède le 17/2/1853.

Au procès-verbal des délibérations du collège échevinal du 30/4/1861 de Petit-Rechain, on peut lire ceci:


          Vu l'acte avenu devant le notaire Baar, de Dison, le 16/6/1858 par
     lequel le sieur Pierre Joseph Barthélemy a cédé à la commune de Petit-
     Rechain sous certaines conditions un puits situé sur les Waides dans la
     prairie désignée au cadastre sous la section A n°65.
          Vu l'exploit du huissier Depouille à Verviers par lequel sommation
     est faite à la commune de désigner un expert pour procéder, en vertu dudit
     acte, conjointement avec le sieur Humblet, architecte à Dison, expert
     désigné par le sieur Barthélemy, à l'estimation du préjudice résultant de
     la servitude créée par la prise et la conduite des eaux dans la prairie sus
     indiquée.
                             Arrête

          Le sieur Cormeau Pierre Joseph, géométrie à Grand-Rechain, est
     désigné comme expert aux fins ci-dessus.
          Expédition du présent lui sera remise pour son information.

                                   Bourgmestre   B. Leclerc

Pierre (I) Joseph Barthélemy vient de perdre, ou céder, son mayorat. S'agit-il d'une petite revanche? En effet, P J Barthélemy a cédé son puits en juin 1858, si on se base sur la date de l'acte devant notaire, et c'est presque trois ans après, et, comme par hasard, lorsqu'il n'est plus bourgmestre, qu'il somme la commune d'estimer les préjudices subis.

Le 28/3/1857, Pierre (I) Joseph et Anne Grosjean passent devant le notaire J.H.E. Baar deux actes de donation réciproque en cas de décès de l'un des époux. Le conjoint survivant reçoit la totalité des biens meubles en pleine propriété et l'usufruit de la totalité des biens ou, en cas de contestation des héritiers, il y a donation entre vifs d'un quart des biens en pleine propriété et l'usufruit d'un autre quart.

En 1864, l'école communale de Grand-Rechain fut achevée. C'est l'entrepreneur de travaux publics, Pierre Joseph Barthélemy, qui obtint l'adjudication des travaux le 7/9/1863 contre la somme de 18.900 frs. La construction coûta finalement 20.202 fr 94 cts. C'est le seul témoignage de l'activité professionnelle de Pierre Joseph (I) dont je dispose après 1848. Selon la tradition transmise par Gaby Barthélemy, la petite-fille de Pierre (I) Joseph, celui-ci aurait dirigé les travaux de dérivation de l'Ourthe mais je n'ai aucune preuve de cela.

Au procès-verbal du collège échevinal du 21 mars 1868, on peut lire qu'on procède à une information commodo et incommodo sur la demande du Sieur Barthélemy-Grosjean, entrepreneur, domicilié à petit-Rechain, tendant à obtenir l'autorisation d'établir une briqueterie, pour le terme de six ans, dans une prairie lui appartenant située à Petit- Rechain le long du chemin de Petit-Rechain à Grand-Rechain dit "voie des morts" portant n°65 section A du plan cadastral de la commune de Petit-Rechain.

L'autorisation est accordée le lendemain par la commune et est finalement entérinée par la Députation permanenente du Conseil provincial le 10 mai 1868 (voir photocopie). Curieusement, on construit beaucoup de briqueterie pendant cette période. La demande en briques semble très forte. Le 30 avril 1868, c'est un certain P-J Gillet de Lambermont qui demande encore l'autorisation de construire une briqueterie et il n'est pas le seul.

Pierre Joseph (I) fut bourgmestre de Petit-Rechain de 1854 à fin 1860. Le 21 février 1867, il redevient bourgmestre jusqu'en 1872. Entre ces mandats de bourgmestre et jusqu'à sa mort en 1878, il est conseiller communal. Les procès-verbaux des délibérations du Conseil communal restent très officiels dans le ton et anonymes. La personnalité de Pierre Joseph (I) ne ressort pas sauf, peut-être, à la séance du 25 mars 1870 (voir photocopie) où Pierre Joseph (I) est accusé par Mathieu Bastin, conseiller communal, d'avoir fixé le prix de l'adjudication d'un péage en faveur de son frère, Jean (II), alors résident à Grand- Rechain. Le ton des procès-verbaux est naturellement très neutre mais on sent, malgré tout, qu'on a affaire à un homme qui s'emporte vite et qui va prendre à partie, chez eux, tous ceux qui l'auraient accusés d'avoir fraudé. Cela vaut la peine de lire les procès- verbaux concernant cette affaire pour essayer de cerner - imparfaitement - la personnalité de cet homme qui devait être soupe-au-lait.

Le 7 juin 1873, Pierre (I) Joseph et Anne Joseph Grosjean empruntent 5.000 frs, pour une période de 8 ans, à Fernand Fléchet, avocat et Laure Fléchet, rentière, domiciliés à Liège (voir photocopie de l'acte devant notaire Armand Fléchet de Verviers). En garantie, les immeubles suivants sont hypothéqués: trois maisons d'habitations et de commerce avec jardins, pré, bois, hangar, atelier, carrière, appendices et toutes dépendances, figurant au cadastre, section B, sous les numéros 8 (bois), 15 (pré), 14 n (maison, bâtiment et cour), 14 o (maison), 13 E (maison et cour), 13F (atelier de menuiserie), 14t et 14s (les deux derniers numéros, probablement la carrière, anciennement 14m). Toutes les parcelles n° 13 et 14 sont situées le long de la rue de Dison. Au recensement de population de 1860, Pierre (I) Joseph habite rue de Dison, 42.

Dans l'acte de notaire, on apprend aussi que Marie Anne Blochousse, veuve de Jacques (III) Barthélemy, occupe une des trois maisons hypothéquées. Une deuxième est occupée par un certain M. Mineur et la dernière est occupée par Pierre (I) Joseph et Anne Grosjean eux-mêmes.

L'acte de notaire ne dit pas pourquoi Pierre (I) Joseph emprunte 5.000 frs. A sa mort, les enfants hériteront de biens fortement hypothéqués.



Maison construite et habitée par Pierre Joseph rue de la Seigneurie Maison construite par Pierre(I)-Joseph Barthélemy rue de la Seigneurie.