Scènes de la vie quotidienne aux Rechain et à Lambermont
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13 décembre 1689: Not. P. Des Fawes: en 1684 un incendie touche le village Lambermont. Le seigneur de Woestenraedt permet aux villageois d'acheter à un prix réduit quelques chênes du bois commun situé à Fierent. Il semble cependant qu'il y ait eu des magouilles et que certains en ont profité pour acquérir du bois pour un autre usage à un prix avantageux. Une instruction est ouverte.

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30 avril 1690, Not. P. Des Fawes: le prisonnier Pierre Paqueau s'évade de la maison scabinale. Une instruction est apparemment ouverte pour déterminer les responsabilité et l'échevin Hubert Wathelet qui faisait partie de la garde chargée de surveiller le prisonnier fait appel à plusieurs témoignages pour le décharger. La surveillance ne semblait pas très stricte car le «prisonnier» buvait du brandevin avec ses gardiens à l'entrée de la maison d'audience. Ce ne lui fut probablement pas difficile de tromper la vigilance de ses gardiens.

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31 mai 1690, Not. P. Des Fawes: une instruction est ouverte à la demande de Léonard de L'abbaye contre Jacqmin Legros «exécuté» vers 1663. Il n'est nullement indiqué la nature des plaintes éventuelles portées par Léonard de L'abbaye mais comparaissent Isabeau veuve de Simon Hacray et Catherine sa fille veuve de Gabriel François comme témoin à charge. Celles-ci avaient été importunées par le dénommé Jacqmin Legros qui avait la mauvaise habitude de leur chaparder soit des chaussures soit un «fer à coiffer» lorsqu'il leur rendait visite. Ces dames avaient porté plainte mais Jacqmin Legros n'avait apparemment pas été poursuivi pour ces faits. On apprend qu'elles habitaient «Jattée» lieu-dit des Rechain et qu'elles ont fait faire les chaussures par un cordonnier qui habitait alors «Chimay lez Dinant» mais semblait originaire de Herve ou ses environs, ce qui est logique puisque Herve était réputée pour ses cordonniers.

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Évaluation des dégats suite à un incendie qui s'est déroulé le 28 septembre 1691, par des ardoisiers, charpentiers et maçons de Grand-Rechain.

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Le 15 février 1692, des soldats sont présents à Hodimont. Ils boivent un verre au cabaret de Martin Polis. Ceux-ci deviennent menaçants. Un des bourgmestres intervient pour calmer le jeu.

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Le 18 septembre 1692 un tremblement de terre qui est qualifié de «violent» touche une région qui va de Lambermont à Herve. J'en ai trouvé deux mentions.


En 1693 les médecins prescrivaient d'aller «prendre des eaux chaudes» à Aix lorsqu'on avait une «indisposition».

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24 avril 1694, Not P. Des Fawes: «sa majesté» interdit aux boulangers et aux meuniers de Grand Rechain (et Duché de Limbourg naturellement) de vendre du pain aux «étrangers». C'est la guerre et les Français font leurs petites promenades sur le territoire belge (je ne connais pas le détail des événements historiques). Quand on parle d'«étrangers», il ne s'agit pas des «Italiens» ou des «Espagnols» mais des Ardennais et des gens d'Ensival. Ces derniers font partie du «Pays de Liège». Il ne fallait pas habiter loin pour être «étranger».

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Le 13 juillet 1694, un mariage entre veufs se déroule et des sonneurs sont présents pour «exciter du bruit» comme c'est la coutume dans ce cas. Un voisin ne supporte pas ce bruit horrible et menace les sonneurs. Il enlève même ces chaussures ou pantoufles pour les poursuivre.

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18 mai 1696, not. Pierre Des Fawes: des jeunes gens font la fête en pleine nuit dans une auberge/hôtel de Petit-Rechain. Ils ont la mauvaise idée de lancer un seau plein d'urine sur un autre client qui, apparemment, a la mauvaise idée de vouloir dormir. Tout cela ressemble fort a des scènes contemporaines sauf que le monsieur qui veut dormir est militaire et a des pistolets avec l'intention possible de s'en servir. Cela aurait pu mal tourner si Hubert Le Pourceau n!ntervint pas pour calmer les esprits et, surtout, pour retenir le militaire. Beaucoup de personnes avec lesquelles je discute me disent que la vie était beaucoup plus incertaine et dangereuse il y a 3 ou 4 siècle que maintenant. C'est fort possible et je me sens mal placé pour en discuter en l'absence de références suffisantes. Cependant, j'ai le sentiment que les gens n'étaient pas vraiment différents de nous à ces époques et qu'ils recherchaient autant la sécurité et la quiétude que nous le faisons. Une fraction non négligeable de la population atteignait l'âge de 80 ans sans avoir connu de gros problèmes apparents. Il est vrai qu'une maladie était beaucoup plus fatale que maintenant. Il y avait aussi les «troubles de guerre» mais les destructions à Herve en 1579 au moment de l'affrontement entre les Gueux et les Espagnols ont-elles été plus graves qu'au moment de l'invasion allemande en mai 1940 ou pendant la bataille de Normandie en juin 1944?

Une grande différence entre le 17e et maintenant est, qu'à l'époque, le port d'arme n'était pas prohibé. Tout le monde portait au moins un couteau. On allait sur les routes à plusieurs et avec des chiens. Un minimum de précaution était nécessaire mais se faisait-on plus voler ou agresser à cette époque que maintenant? Il nous manque des documents pour faire des statistiques. Les archives qui nous restent de cette époque nous parlent plus de procès et de jugements que d'événements banals quotidiens.

Je suis convaincu que si tout le monde portait maintenant des couteaux il y aurait plus d'«occisions» et de «mandements de mortel faict». C'est si vite arrivé lorsqu'on a un verre dans le nez. Au 17e siècle on ne tuait pas avec des voitures mais avec des couteaux lorsqu'on était ivre.

J'arrête ici mon moment de réflexion.

Je me suis aussi intéressé à la structure de la maison dans laquelle les événements se déroulent. Il s'agit de la maison de la Veuve de feu Jean Simon Guilleaume «cabaretière». On dit bien «maison» et non pas hôtel ou auberge. C'est une constante dans la plupart des textes que j'ai consultés. Il y a deux étages. Les jeunes gens logent dans une «chambre» en haut et le militaire loge dans une «chambre» en bas. Si je lis bien, on entre et on sort des chambres cependant les jeunes gens lancent le contenu d'un seau d'urine de leur chambre sur le lit du militaire. Il semble ne pas y avoir de plafond ou bien ce dernier n'était pas étanche. Je me suis également demandé si on ne dormait pas dans une immense pièce vaguement cloisonnée.

Autre observation: on parle d'un certain Thomas Moxhet «partisan à Maestricht». Je me demande ce que signifie «partisan». Voilà, c'est tout pour maintenant.

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14 août 1696: on fait des avances «forcées» à une dame mariée à Grand Rechain.


Si on s'en refère à nos livres d'histoire ou plutôt à l'image que nous avons de notre passé, les gens travaillaient dur et l'enseignement n'existait pas. A Petit Rechain, il y avait cependant un «maître d'école» en 1697. Naturellement l'instruction publique n'existait pas encore mais ce maître d'école prétend qu'il donnait cours à des «pauvres». Si je m'en refère à mes observations, les paysans aisés savaient lire et écrire au 18e siècle dans les communautés des Rechain excepté peut-être mon aïeul Jacques Barthélemy mais c'était plus parce qu'il ne désirait apparemment pas apprendre à écrire puisque son frère et son père savaient écrire. L'enseignement n'était pas obligatoire. Pierre Winandy, le fils du forestier Jean Winandy ne semblait pas très bien entretenu et le maître d'école s'en inquiète.

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Avril 1737: il faut élire un nouveau vicaire pour remplacer le révérend-prêtre Keyeux qui doit partir à d'autres fonctions. Voir minutes du notaire P.F. Delhaye.


Verviers était une ville lainière mais connaissait déjà un phénomène de délocalisation de ses industries. En effet, Verviers faisait partie de la Principauté de Liège et Lambermont du duché de Limbourg/Brabant - pays du Roi. Les taxes étaient moins élevées à Lambermont et certains industriels trouvèrent plus avantageux d'établir leur manufacture sur le bas de Lambermont, près de la Vesdre et du pont d'Ensival ou encore de faire tisser leurs draps par des tisseurs domiciliés à Lambermont au salaire moins élevé. Verviers imposa un contrôle très sévère au Pont d'Ensival qui faisait frontière entre le Duché de Limbourg et la Principauté de Liège et il y eut quelques tensions comme le témoignent les minutes du notaire H. Le Pourceau (1737 et 1744).
Un lointain cousin, Walter Bartholomé avec son épouse Louise Gagneur, quitta Wasay pour descendre sur les bords de la Vesdre et y exercer le métier de laineur.
Pour la petite histoire, Wasay n'existe plus. J'ai eu de la chance de rencontrer une dame âgée qui s'en souvenait encore. Un échevin débile a eu la bonne idée de remplacer le nom de Wasay par «Beau Site». La vue sur la Vesdre y est en effet magnifique et j'envie mon aïeul Jacques Bartholomé qui y vécut une longue vie.


Nous sommes maintenant en août 1738. Marie Joseph Gustin, épouse de Robert Du Cloux va déposer une plainte devant le notaire Pourceau car elle aurait vu et entendu des choses entre personnes de sexe opposé dans une prairie au-dessus d'une fontaine appelée la Pecherotte lez Verviers.


En octobre 1750, il y eut apparemment un différend entre le vicaire de la paroisse de Lambermont et le révérend-prêtre de la paroisse des Rechain qui décida de supprimer la messe à la chapelle de Lambermont. Cette chapelle avait été construite au début du siècle et était subventionnée par les habitants de Lambermont. Les mambours de la chapelle font faire par le notaire H. Le Pourceau une collecte de témoignages pour demander la restauration des messes dans la chapelle.

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