| Scènes de la vie quotidienne aux Rechain et à Lambermont |
Une grande différence entre le 17è et maintenant est, qu'à l'époque, le port d'arme n'était pas prohibé. Tout le monde portait au moins un couteau. On allait sur les routes à plusieurs et avec des chiens. Un minimum de précaution était nécessaire mais se faisait-on plus voler ou agresser à cette époque que maintenant? Il nous manque des documents pour faire des statistiques. Les archives aui nous restent de cette époque nous parlent plus de procès et de jugements que d'événements banals quotidiens.
Je suis convaincu que si tout le monde portait maintenant des couteaux il y aurait plus d'"occisions" et de "mandements de mortel faict". C'est si vite arrivé lorsqu'on a un verre dans le nez. Au 17è siècle on ne tuait pas avec des voitures mais avec des couteaux lorsqu'on était soul.
J'arrête ici mon moment de réflexion.
Je me suis aussi intéressé à la structure de la maison dans laquelle les événements se déroulent. Il s'agit de la maison de la Veuve de feu Jean Simon Guilleaume "cabaretière". On dit bien "maison" et non pas hôtel ou auberge. C'est une constante dans la plupart des textes que j'ai consultés. Il y a deux étages. Les jeunes gens logent dans une "chambre" en haut et le militaire loge dans une "chambre" en bas. Si je lis bien, on entre et on sort des chambres cependant les jeunes gens lancent le contenu d'un seau d'urine de leur chambre sur le lit du militaire. Il semble ne pas y avoir de plafond ou bien ce dernier n'était pas étanche. Je me suis également demandé si on ne dormait pas dans une immense pièce vaguement cloisonnée.
Autre observation: on parle d'un certain Thomas Moxhet "partisan à Maestricht". Je me demande ce que signifie "partisan". Voilà, c'est tout pour maintenant. Voir minute du notaire Des Fawes.
14 août 1696: on fait des avances "forcées" à une dame mariée à Grand Rechain.
Le prêtre Michel Decheneux a un comportement pas vraiment digne de sa fonction. Intéressant pour les petits détails de la vie. Les événements se passent à Ensival et dans le Ban de Herve. Voir minutes du notaire A. Rensonnet.
Avril 1737: il faut élire un nouveau vicaire pour remplacer le révérend-prêtre Keyeux qui doit partir à d'autres fonctions. Voir minutes du notaire P.F. Delhaye.
Verviers était une ville lainière mais connaissait déjà un phénomène de délocalisation de ses industries. En effet,
Verviers faisait partie de la Principauté de Liège et Lambermont du duché de Limbourg/Brabant - pays du Roi. Les taxes
étaient moins élevées à Lambermont et certains industriels trouvèrent plus avantageux d'établir leur manufacture sur
le bas de Lambermont, près de la Vesdre et du pont d'Ensival ou encore de faire tisser leurs draps par des tisseurs
domiciliés à Lambermont au salaire moins élevé. Verviers imposa un contrôle très sévère au Pont d'Ensival qui faisait
frontière entre le Duché de Limbourg et la Principauté de Liège et il y eut quelques tensions comme le témoignent les
minutes du notaire H. Le Pourceau (1737 et 1744).
Un lointain cousin, Walter Bartholomé avec son épouse Louise Gagneur, quitta Wasay pour descendre sur
les bords de la Vesdre et y exercer le métier de laineur.
Pour la petite histoire, Wasay n'existe plus. J'ai eu de la chance de rencontrer une dame âgée qui s'en souvenait
encore. Un échevin débile a eu la bonne idée de remplacer le nom de Wasay par «Beau Site». La vue sur la
Vesdre y est en effet magnifique et j'envie mon aïeul Jacques Bartholomé qui y vécut une longue vie.
Nous sommes maintenant en août 1738. Marie Joseph Gustin, épouse de Robert Du Cloux va déposer une plainte devant le notaire Pourceau car elle aurait vu et entendu des choses entre personnes de sexe opposé dans une prairie au-dessus d'une fontaine appelée la Pecherotte lez Verviers.
En octobre 1750, il y eut apparemment un différend entre le vicaire de la paroisse de Lambermont et le révérend-prêtre de la paroisse des Rechain qui décida de supprimer la messe à la chapelle de Lambermont. Cette chapelle avait été construite au début du siècle et était subventionnée par les habitants de Lambermont. Les mambours de la chapelle font faire par le notaire H. Le Pourceau une collecte de témoignages pour demander la restauration des messes dans la chapelle. Voir minute.
En février 1751, Melchior Dudlet et Marie Latour témoignent pour Niolas Desouroux qui se fit apparemment harceler par Ida Morai qui voulait l'épouser. On fait appel à des témoignages pour mettre en évidence les mauvaises moeurs de ladite Ida Morai. A prendre naturellement avec des pincettes. Ida Morai tenait apparemment une maison où on pouvait loger et un «jeune homme» de Verviers venait régulièrement la voir. On remarque que les logements étaient exigus car tout-le-monde semblait dormir dans la même pièce. Ida Morai fit des «fricassées au lard et aux oeufs« pur son jeune homme. On sait maintenant ce qu'ils mangeaient. Il y avait également du café. Voir minute